Coopération audiovisuelle, cinéma et révolution numérique : la France et les Philippines côte-à-côte

La France entretient avec les Philippines une coopération particulièrement riche dans le domaine audiovisuel, qui va du cinéma aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Cette coopération repose sur une passion partagée pour le cinéma et l’image animée. Plusieurs initiatives illustrent la diversité de nos partenariats.

Dans le domaine cinématographique, une mention spéciale revient au festival du film français organisé chaque année à Manille depuis 1985. Rendez-vous désormais incontournable de la scène culturelle philippine, ce festival est l’occasion de faire découvrir à un public de plus en plus nombreux, généralement habitué aux productions américaines, la diversité et l’originalité du cinéma français qui rencontre ici un succès réel. Clin d’oeil aux parallélismes existant entre les cinémas français et philippins, l’édition 2016 du festival s’est ouverte avec la projection du film « Mon Roi » dont la principale actrice, Emmanuelle Bercot, avait obtenu en 2015 le prix d’interprétation féminine à Cannes, projection organisée en présence de Jaclyn José, elle-même lauréate de ce prix en 2016.

Très connu aux Philippines, le festival de Cannes s’est d’ailleurs imposé comme toile de fond de nombre de synergies franco-philippines dans le domaine cinématographique. Signée lors de l’édition 2014 du Festival, une convention liant le Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC) et le Film Development Council of the Philippines (FDCP) a permis de structurer une coopération destinée à préserver le patrimoine cinématographique philippin, particulièrement riche, et à promouvoir les coproductions de films, ainsi que la participation des œuvres nationales aux festivals et autres événements cinématographiques organisés dans les deux pays.

Pays pionnier du cinéma en Asie du Sud Est, les Philippines ont récemment entrepris la création d’un centre d‘archives audiovisuelles, domaine dans lequel la France détient une expertise ancienne et reconnue. Une bourse accordée par le gouvernement français au responsable de ce centre afin d’obtenir un master en gestion du patrimoine audiovisuel à l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), a récemment permis à l’intéressé d’acquérir les connaissances requises pour gérer les opérations de conservation, de restauration et d’exploitation de supports audiovisuels, tant analogiques que numériques.

L’Ambassade de France encourage également la présentation de films philippins dans les grands festivals français, notamment le festival de Cannes dont le grand metteur en scène Brillante Mendoza, qui y a reçu en 2009 le Prix de la mise en scène, est devenu un habitué. Dès 2000, le film « Anino » de Raymond Red recevait la Palme d’Or du Court métrage, suivi par la sélection successive des films de Raya Martin, Erik Matti, Lav Diaz, Adolfo Alix, Jr., et bien sûr Brillante Mendoza, dans les différentes sections du Festival et de la Quinzaine des Réalisateurs. En distinguant en 2016 Jaclyn José, pour son rôle principal dans le film « Ma Rosa », le festival de Cannes a non seulement récompensé pour la première fois une actrice philippine, mais a également jeté un nouvel éclairage sur le cinéma philippin dont la promotion à l’étranger doit beaucoup à la France.

La coopération audiovisuelle franco-philippine concerne également les industries de l’animation et des jeux vidéo, qui ont connu un essor remarquable dans les deux pays au cours des dernières années. Nés en France avec l’invention du cinéma, le film et l’industrie d’animation se sont surtout développés à partir des années 1960-70, avec la création de l’Association Française du Cinéma d’Animation (AFCA), soutenue par le Centre national du Cinéma (CNC). Aux Philippines, la production des films animés de Hannah Barbara et de Walt Disney a donné naissance à une industrie d’animation locale forte d’artistes de talent. L’avènement du numérique offre aujourd’hui de nouvelles perspectives à ce secteur, qu’il s’agisse de la 3D ou plus récemment de la réalité virtuelle. C’est dans ce contexte que l’Ambassade de France apporte son concours à l’Association philippine des studios d’animation (Animation Council of the Philippines, Inc., ACPI) en invitant régulièrement des experts français comme le réalisateur Jacques-Rémy Girerd, pour animer des conférences dans le cadre du festival du film d’animation Animahenasyon organisé à Manille, ou en projetant des films français mis à disposition par l’Institut Français.

Le dynamisme de l’industrie d’animation philippine qui emploie plus de 11000 personnes, la plupart du temps dans des petites et moyennes entreprises, crée un contexte particulièrement favorable au développement de coopérations entre les deux pays, notamment dans le domaine de la co-production, les studios français étant en quête de nouveaux talents. Ainsi ce n’est pas un hasard si Ubisoft, le champion français des jeux vidéo, collabore avec l’Université de la Salle pour former de jeunes animateurs. En octobre 2016, une délégation philippine soutenue par le ministère philippin des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (DICT) a participé pour la première fois au Marché international des Programmes audiovisuels (MIPCOM) à Cannes. A cette occasion, les représentants de l’Association Philippine des Studios d’Animation (ACPI) ont pu rencontrer leurs homologues au sein de l’ AFCA pour étudier les perspectives de collaboration. Le Réseau des Écoles de Cinéma d’Animation (RECA) a également approché l’ACPI pour évoquer les possibilités de coopération dans le domaine de la formation et des échanges universitaires, l’objectif étant d’amener la France à partager son savoir-faire et son expertise notamment dans les domaines de l’animation numérique et tridimensionnelle. Pour 2017, le Marché International du Film d’Animation d’Annecy (MIFA) a proposé d’accueillir les studios philippins afin de leur offrir l’occasion de présenter l’animation philippine aux publics et professionnels internationaux.

Forts de la richesse et de la diversité des coopérations en cours ou à venir, nos deux pays envisagent aujourd’hui un accord cadre dans le domaine des industries créatives, occasion d’élargir et d’enrichir nos partenariats dans des secteurs aussi porteurs dans la sphère culturelle que dans le domaine économique, la volonté affichée étant de mettre l’accent sur la formation, les échanges d’experts et la promotion des échanges culturels et commerciaux.

Dernière modification : 02/08/2017

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