Grossesses précoces et non désirées : un sujet sensible aux Philippines

C’est un évènement sans précédent qui a eu lieu aux Philippines, le 20 janvier dernier, avec l’organisation par l’ambassade de France, en partenariat avec des O.N.G. françaises, d’un séminaire sur le droit des femmes et les problématiques de grossesse précoce.

Plus de 200 participants ont été mobilisés afin d’échanger sur ces sujets par essence sensibles aux Philippines, dans les locaux de l’université catholique De la Salle, quelque jours seulement après que la loi sur la santé reproductive votée en 2012, et qui vise à garantir l’accès universel et gratuit aux méthodes de contraception et de contrôle de la fertilité, ainsi qu’à l’éducation sexuelle et aux soins maternels, spécialement pour les plus pauvres, ait été amputée de son budget par le Congrès.

Les débats se sont déroulés devant un public composé à 75٪ de femmes, dont principalement de jeunes mères en situation précaire, ainsi que de lycéens, étudiants et professeurs. Une grande place a été donnée aux échanges entre le public présent et les experts français et philippins, les O.N.G., ainsi que les représentants des agences gouvernementales philippines traitant ces questions (Commission Nationale de la Jeunesse, Conseil pour la Protection de l’Enfance, Commission de l’Éducation Supérieure, Ministère de la Santé et Ministère de la Protection Sociale et du Développement).

Le séminaire a été l’occasion de mettre en avant les implications sociales, économiques et culturelles liées au phénomène des grossesses précoces. Les quatre experts internationaux qui sont intervenus ont présenté un état des lieux du problème à l’échelle de la planète ainsi que les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce phénomène. Ils ont aussi évoqué la situation aux Philippines (78٪ des rapports sexuels avant le mariage sont non protégés ; accroissement du taux de fécondité chez les jeunes dans la dernière décennie) et exposé leurs préconisations, qui supposent notamment une amélioration de l’éducation sexuelle dans les écoles et les zones défavorisées. Ils ont enfin abordé les effets et conséquences sur la santé, notamment psychologique, des grossesses précoces. Ces interventions ont à la fois mis en évidence les progrès réalisés et les insuffisances auxquelles il convient encore de faire face.

Les O.N.G. ont présenté les actions d’accompagnement qu’elles mettent en oeuvre, sur le terrain, en faveur des jeunes mères, afin de leur permettre de devenir autonome, notamment en développant des microentreprises. La méthode donne des résultats très encourageant et permet à ces jeunes femmes de se réaliser à la fois personnellement et socialement.

Si les sujets traités dans le cadre de ce séminaire sont complexes et difficiles, le public, grâce notamment aux nombreuses interactions créées dans une salle où la bonne humeur le disputait à une écoute attentive, est apparu très satisfait de cette journée. Dans un pays réputé conservateur, où nombre de sujets restent tabous, ce séminaire a contribué utilement à enrichir la réflexion et a permis à de jeunes mères de partager leurs expériences.

Dernière modification : 03/02/2016

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