L’économie philippine en 2016 : grandes tendances et défis

La revue annuelle de l’économie philippine (dite « article IV ») conduite par le FMI en juillet dernier a salué les performances économiques encourageantes des Philippines, illustrées par une croissance annuelle de 6,9% au 1er trimestre 2016, supérieure à la prévision de 6% du gouvernement philippin.

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L’activité économique a été portée principalement par la consommation intérieure et l’investissement, tandis que les exportations étaient affectées par la faiblesse de la demande externe. Le différentiel entre les flux monétaires entrants et sortants du pays (la balance des paiements) a toutefois conservé son excédent en 2015 en raison de la vigueur des transferts de fonds des Philippins résidant à l’étranger et aux revenus des services exportés, notamment ceux des centres d’appels délocalisés.

Le FMI a cependant pointé les effets pervers causés par la persistance d’inégalités fortes dans la répartition des fruits de la croissance. Bien que le taux de chômage officiel ait reculé à 5,3% (7% pendant la dernière décennie), le sous-emploi reste chronique et nombre de Philippins occupent un emploi précaire ou informel.

En 2015, le déficit budgétaire de l’Etat philippin a de son côté été contenu à 1,4%, en deçà de l’objectif gouvernemental de déficit de 2%. Ce faible déficit traduit un certain nombre de faiblesses en matière d’exécution de la dépense publique, sur la résorption desquelles des progrès pourraient intervenir en 2016. La mission a par ailleurs salué la politique renforcée de la Banque centrale en matière de suivi des risques du secteur financier et de l’activité du secteur immobilier avec en particulier l’introduction d’un indice des prix de l’immobilier résidentiel.

Enfin, le FMI encourage les autorités philippines à mettre en œuvre des réformes qui pour certaines semblent en phase avec le programme économique annoncé par le Président DUTERTE, s’agissant notamment du développement de programmes sociaux, de la construction d’infrastructures productives de qualité et de l’adoption d’une réforme fiscale d’ampleur devant faciliter la collecte de l’impôt grâce à des mesures de simplification de la structure de l’impôt sur le revenu et sur les sociétés et l’élimination de nombreux dispositifs d’exemption.

Le FMI a enfin fait valoir que la menée de telles réformes couplées à un effort additionnel d’investissement public induirait certes un accroissement du déficit public, mais pouvant toutefois, avec une augmentation attendue des recettes fiscales, être contenu dans la limite de 3% du PIB sur le moyen terme, compatible donc avec le maintien d’un ratio stable et soutenable d’endettement public rapporté au PIB. Ces mesures seraient ainsi de nature, a conclu le FMI, à permettre de porter les perspectives de croissance de l’archipel à 7-8 % en 2017.

Dernière modification : 02/09/2016

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