La coopération scientifique et technique : Priorité aux enjeux globaux, notamment aux changements climatiques et à la santé [en]

La coopération scientifique et technique mise en œuvre par la France aux Philippines repose sur un accord intergouvernemental signé en novembre 1978. Plus largement, elle vise les priorités définies dans le cadre des Nations Unies par les Objectifs du Développement Durable (ODD), avec un accent particulier sur les questions environnementales et les enjeux de santé.

A ce titre elle s’inscrit dans le prolongement des engagements pris par la France sur les questions liées au climat, qui correspondent non seulement à la mobilisation organisée par notre pays dans le cadre de la COP21, tant sur le plan national qu’à l’international, mais aussi aux besoins exprimés par les Philippines, pays particulièrement affecté par les conséquences des changements climatiques.

Dans ce cadre, nous nous employons à promouvoir et à initier des coopérations qui permettent aux chercheurs français et philippins d’investir les champs de la recherche porteurs d’avenir. A cet effet, l’ambassade accorde une attention particulière à la mobilité des experts, décideurs, chercheurs et étudiants, principalement dans les domaines de l’environnement et de la protection de la biodiversité, de la gestion des risques naturels, de la santé, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Les philippines participent à plusieurs programmes régionaux mis en oeuvre par le Ministère des Affaires étrangères et du développement international dans les domaines des sciences et technologies de l’information et de la communication (STIC-Asie), de l’étude de la biodiversité et de la valorisation des substances naturelles (BIO-Asie). La promotion des sciences humaines et sociales, domaine dans lequel existe une coopération ancienne et diversifiée entre nos deux pays, est également partie intégrante de notre stratégie.

Des partenariats sont d’ores et déjà solidement établis entre des institutions et centres de recherche philippins - Philippine Council for Agriculture, Forestry and Natural Resources Research and Development (PCARRD), Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PhiVolcs), Marine Science Institute - et certains instituts de recherche français reconnus mondialement tels que le Centre de coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), l’Institut Pasteur, ou le Centre National pour la recherche Scientifique (C.N.R.S.). La dimension régionale est particulièrement valorisée dans ce cadre, notamment à travers les projets portés avec la Banque Asiatique de Développement (BAsD), l’Institut International de Recherche sur le Riz (IRRI), le Centre de l’ASEAN pour la Biodiversité (ACB) et le Centre d’Asie du Sud-Est pour les études supérieures et la recherche en agriculture (SEARCA), dont les sièges sont basés aux Philippines.

Afin de valoriser les synergies existant dans le domaine de la recherche agricole et de la sécurité alimentaire, l’organisation d’un forum franco-philippin est envisagée en partenariat notamment avec le SEARCA et l’IRRI. Il serait axé sur la diffusion de pratiques agroécologiques et de nouvelles technologies permettant d’adapter la production agricole aux changements climatiques. La promotion des échanges entre universités et écoles d’agronomie constitue également une priorité. Plus largement, le projet d’accord agricole en cours de négociation entre la France et les Philippines a vocation à intégrer pleinement l’importance accordée à la recherche.

Dans le domaine de la santé, l’ambassade soutient le projet de création à Manille d’un centre de recherche porté conjointement par l’Institut Pasteur et le Philippines Council for Health Research and Development (PCHRD). La collaboration entre ces deux organismes s’est déjà matérialisée par un projet portant sur l’impact des changements climatiques sur la transmission de la dengue (projet CLEMENT). Les Philippines font également partie de la deuxième phase du projet régional ECOMORE (EConomic development, ECOsystems MOdifications and emerging infectious diseases Risk Evaluation). Financé par l’Agence Française du développement (AFD) et mis en œuvre par l’Institut Pasteur en collaboration aux Philippines avec l’Institut de Recherche pour la Médecine Tropicale (RITM) du Département de la Santé, ce projet a pour ambition d’observer les effets des changements climatiques et environnementaux sur les maladies émergentes dans cinq pays d’Asie (Cambodge, Laos, Birmanie, Vietnam, et désormais Philippines). D’autres projets de coopération sont à l’étude dans le domaine de la santé s’agissant notamment du secteur hospitalier et des services d’urgence.

Le service scientifique s’emploie également à promouvoir la recherche en milieu maritime, qui fera l’objet d’une attention particulière lors du passage aux Philippines du navire océanographique français TARA qui viendra effectuer des prélèvements dans l’océan Pacifique pour comprendre l’impact du changement climatique dans les océans et la capacité d’adaptation des récifs coralliens. De manière générale, le service scientifique de l’ambassade travaille de concert avec l’AFD qui accorde une attention particulière aux enjeux de développement dans les secteurs clés de l’économie verte, de l’adaptation au changement climatique, de l’eau et de l’assainissement.

L’ambassade soutient également le développement des partenariats en sciences sociales. De nombreux chercheurs français consacrent leurs travaux aux Philippines dans des domaines aussi divers que la paléontologie, la préhistoire, l’archéologie, la sociologie, l’histoire, ou la linguistique. Dans le domaine de l’archéologie, la coopération franco-philippine a permis de soutenir la formation universitaire et la recherche, et de valoriser l’héritage préhistorique philippin tant auprès des populations locales que de la communauté internationale. L’appui de l’ambassade de France a rendu possible la découverte des squelettes d’une faune préhistorique qui a donné suite à un programme de fouilles quadriennal (2014-2018) intitulé « projet MARCHE ».

Pour l’avenir, nous souhaitons prospecter de nouveaux domaines de coopération, y compris celui de l’espace dans lequel les Philippines viennent de lancer un programme national de développement décennal (2016-2026).

Dernière modification : 02/08/2017

Haut de page