La situation humanitaire préoccupante des Philippines suite au passage du typhon Haima

Trois typhons ont balayé les Philippines au cours des dernières semaines. La presse s’est fait largement l’écho du plus récent, le typhon Haima (connu aux Philippines sous le nom de typhon Lawin), qui a touché les côtes nord-est de l’archipel à Peñablanca, province de Cagayan, dans la nuit du 21 octobre. Accompagné de vents à 225 km/h avec des rafales atteignant les 315 km/h, il a occasionné des dégâts matériels particulièrement importants et entraîné la mort de 22 personnes).

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Photo par Richard Reyes

Aujourd’hui, les Philippines constituent le troisième pays au monde le plus vulnérable aux catastrophes naturelles et un de ceux les plus exposés aux conséquences du changement climatique, du fait de sa situation géographique ainsi que de sa démographie. Ces typhons provoquent régulièrement des pertes humaines et de nombreux dégâts. Depuis le super typhon Haiyan (Yolanda) en novembre 2013, paradigmatique de ce dérèglement climatique, le pays est frappé en moyenne par une vingtaine de catastrophes naturelles chaque année, souvent très violentes et causant des dégâts de grande ampleur aussi bien envers les biens que les personnes.

Le bilan temporaire dressé par ACTED au 26 octobre suite au passage du typhon Haima, basé à la fois sur les données des agences locales du gouvernement et du Conseil des provinces pour la gestion des risques (PDRRMC), ainsi que sur la consolidation des rapports d’évaluation d’une vingtaine d’ONG déployées sur le terrain, laisse penser que les Philippines sont en train de vivre leur plus importante crise humanitaire depuis la catastrophe le super typhon Haiyan en novembre 2013. Il fait notamment état des éléments suivants :

- plus de 145 000 habitations détruites (46 257 selon le rapport officiel), sachant que 25 municipalités n’ont pas encore été évaluées. Le chiffre final devrait avoisiner les 200 000 habitations, représentant un million de personnes sans abri ;
- 87 sections de routes et 19 ponts impraticables, ce qui a isolé 20% des municipalités, et empêché par la même occasion le travail d’évaluation des dégâts dans les zones concernées ;
- 120 000 personnes auraient été privées d’accès à l’eau potable depuis le typhon, soit 50% de la population ;
- 60 % des municipalités touchées sont toujours sans électricité ;
- 167 municipalités seraient toujours en situation d’inondations (67 selon le rapport officiel) ;
- le "coût agricole" de la catastrophe s’élèverait à 109 millions d’euros selon les rapports transmis par les provinces (estimation officielle nationale réduite à 17 millions d’euros) ;
- le coût de la reconstruction des infrastructures devrait représenter de 29 millions d’euros (rapport officiel national) à 120 millions d’euros (rapports des provinces).

Les priorités identifiées pour venir en aide aux populations sinistrées sont le relogement (kits de réparation, abris) et le rétablissement de l’accès à l’eau potable. A moyen terme, les trois provinces touchées auront besoin d’aide pour financer la reconstruction d’infrastructures publiques (écoles, centres de santé) et la relance de l’activité économique (agriculture notamment).

Dans ce contexte d’urgence humanitaire, bien que pénalisées par la suspension de certaines aides financières, les ONG présentes aux Philippines ont engagé une recherche active de financements afin de pouvoir répondre aux demandes d’assistance qu’elles reçoivent. Toutes les contributions seront utiles.

Dernière modification : 04/11/2016

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