Les clés d’une relation pérenne entre les institutions culturelles et artistiques françaises et philippines [en]

Le 70ème anniversaire des relations diplomatiques entre la France et les Philippines en 2017 est l’occasion de franchir une nouvelle étape dans la coopération culturelle entre nos deux pays. C’est la vocation de « PhilFrance : Feel French ! », une programmation annuelle au long cours qui ambitionne, depuis le début de l’année 2017, de faire ressentir chaque année aux Philippins la richesse et la diversité de la France, notamment dans le domaine culturel et artistique, et d’élargir à cette occasion le champ de notre coopération.

Cette coopération s’est nourrie au fil des ans de multiples influences croisées dont certaines antérieures aux échanges officiels, à l’instar des contacts individuels noués par des personnalités singulières comme Paul Proust de la Gironière, aventurier français, originaire de Nantes établi aux Philippines en 1820, ou de l’influence durable laissée par de grands figures de l’histoire comme José Rizal, héros national philippin qui fit deux séjours en France-entre 1882 et 1887, puis en 1889- d’où il « importa » nombre des valeurs et des principes qui structurèrent son cheminement intellectuel et sa réflexion politique ultérieure. Ecrit à Paris, son roman le plus célèbre, « Noli me Tangere » s’inspira fortement des valeurs de la révolution française et reste aujourd’hui un trait d’union entre nos deux cultures.

La relation franco-philippine a été régulièrement magnifiée par des créateurs qui ont construit des ponts artistiques entre nos deux pays. Dans la période la plus récente, on peut citer le peintre Juvenal Sanso, d’origine espagnole qui après avoir émigré à Manille dès son plus jeune âge, vécut à Paris et enseigna à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts en réalisant sa première exposition en France en 1957. Son œuvre est une déclaration d’amour à la France au travers de peintures dans lesquelles l’art de la couleur donne à voir les paysages bretons et les scènes parisiennes dans une clarté particulière où la chaleur philippine est toujours présente. Une exposition lui a été récemment consacrée, à l’Alliance française de Manille, avec l’appui de l’Ambassade de France et de la Fondation Sanso.

Plus proche de nous encore, le chef d’orchestre français Olivier Ochanine a conduit de main de maître entre 2010 et 2016 l’Orchestre Philarmonique des Philippines. Plus jeune directeur musical dans l’histoire de cet orchestre, il a remporté de nombreux prix à la tête de ce prestigieux ensemble, et a brillamment incarné la proximité entre artistes français et philippins.

Cette proximité a été l’occasion, en juin dernier, d’associer à nouveau musiciens français et philippins de célébrer avec l’éclat nécessaire le 70ème anniversaire de la signature du Traité d’amitié entre la France et les Philippines. L’Ambassade a organisé le 22 juin une soirée musicale de prestige au Centre Culturel des Philippines (CCP). L’événement principal de cette soirée a constitué en un concert symphonique lors duquel des œuvres de Ravel (concerto en Sol ; le Boléro) et Debussy (la Mer) ont été interprétées conjointement par le pianiste Français François Chaplin et l’Orchestre Philarmonique des Philippines, conduit par le chef d’orchestre résident Yoshikazu Fukumura.

Marquée par les chemins croisés de nombreux artistes dont il serait trop long d’établir ici la liste et de décrire les parcours, la coopération culturelle et artistique entre la France et les Philippines s’appuie également sur un accord intergouvernemental signé dès novembre 1978. Bien qu’il n’existe pas à proprement parler de ministère de la culture aux Philippines, la France peut compter dans ce cadre sur la relation étroite qu’elle entretient avec la Commission Nationale pour la Culture et les Arts (National Commission for Culture and the Arts).

De nombreux partenariats ont été développés au cours des années avec les plus grandes institutions culturelles philippines dont le Cultural Center of the Philippines (CCP), le Musée national, et le Metropolitan Museum of Manila (MET) véritables pierres angulaires de notre coopération institutionnelle dans le domaine des arts.
Ces lieux prestigieux ont été le cadre d’évènements marquants des échanges culturels entre les deux pays et continuent à être une référence dans des domaines aussi divers que les arts plastiques, la danse ou l’architecture.

A titre d’exemple la création chorégraphique française, célébrée dans le monde entier, a trouvé à Manille un point d’ancrage inattendu dans un pays plus habitué aux spectacles « traditionnels » souvent issus de superproductions « à l’américaine » qu’à la perspective d’une danse résolument tournée vers la modernité.

Ainsi la collaboration entreprise avec le Ballet des Philippines s’inscrit dans le cadre d’une coopération aussi innovante que prometteuse : la venue successive en 2016 de deux grands chorégraphes français, Redha Benteifour et Emmanuelle Huynh, constitue à cet égard un exemple à suivre. Des discussions sont d’ores et déjà engagées pour inscrire en 2018, dans le répertoire de cette Compagnie de référence en Asie, une pièce contemporaine française célèbre et reconnue.

Le musée National des Philippines, dépositaire de l’art de ce pays, est aussi un partenaire important pour la France qui a également choisi de développer avec lui des coopérations dans des domaines où notre pays n’était pas nécessairement attendu aux Philippines mais où notre visibilité a vocation à ouvrir de nouvelles perspectives non seulement dans le domaine de la création mais aussi dans celui des échanges économiques et commerciaux, l’objectif d’une coopération réussie étant de créer des ponts entre différents registres et de susciter des initiatives transversales.

C’est notamment le sens de la grande exposition qui a été consacrée en 2016 à l’architecte français Jacques Ferrier. Afin de pérenniser notre relation dans ce domaine particulièrement porteur aux Philippines où les projets d’aménagement urbains se multiplient, cette exposition a été l’occasion d’organiser un grand forum d’architecture, en association notamment avec l’administration du quartier historique d’Intramuros à Manille, la Philippine Heritage Society et la National Historical Commission.

De nouvelles initiatives sont en préparation sur cette base. Au-delà de ce domaine de coopération, le musée National des Philippines est bien évidemment associé à la célébration du 70ème anniversaire des relations diplomatiques entre nos deux pays, via notamment l’organisation d’une grande rétrospective fin août, sur le travail de Pierre de Vallombreuse, photographe français qui a constitué depuis des années un fond photographique unique consacré aux Palawan, un des peuples autochtones des Philippines. L’exposition sera d’ailleurs exposée jusqu’en février prochain.

Si la France multiplie les initiatives pour exporter sa culture aux Philippines, elle veille également à aider ce pays trop méconnu en Europe, malgré son histoire commune avec l’Espagne, à y faire connaître la richesse de sa propre culture à l’instar de la grande exposition organisée en 2013 au musée du quai Branly-Jacques Chirac, « Philippines : Archipel des Echanges », une grande première en Occident, et de la rétrospective consacrée la même année à Sète à 23 artistes philippins contemporains.

Fort de cet héritage, aussi riche qu’éclectique, la programmation culturelle de 2017 dans le cadre de la campagne « PhilFrance : PhilFrench ! » a vocation à se décliner dans les années à venir. Elle a donné et donnera lieu à de nombreux rendez-vous, dont certains deviendront récurrents, comme c’est déjà le cas du Festival du Film français dont la visibilité est amenée à s’accroître.

L’art de vivre à la française est mis à l’honneur via notamment une semaine de la mode avec la participation de créateurs français et philippins, occasion d’organiser des défilés de mode, ainsi que des conférences et des ateliers avec les étudiants du Collège Saint Benilde de l’Université de la Salle. La création culinaire est également au programme dans le cadre d’initiatives visant à faire connaitre au plus grand nombre la cuisine et les produits français.

L’ambassade travaille également au lancement d’un festival de la photographie.

Présente aux Philippines depuis plus de 20 ans, la fête de la musique a vocation à prendre de l’ampleur dans les années qui suivent, avec l’implication accrue du ministère du tourisme philippin auquel l’Ambassade de France a proposé de s’approprier l’évènement jusqu’à présent principalement porté par l’Alliance française de Manille.

Dernière modification : 10/08/2017

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