Paris réimaginé par Sir Albertti G. Flores, lauréat du concours LabCitoyen 2015 [en]

Sir Albertti G. Flores, étudiant de l’Université des Philippines, a été choisi comme le représentant des Philippines dans le programme LabCitoyen 2015 sur le thème"Les droits de l’homme face aux défis de l’environnement" qui a eu lieu du 15 au 25 juillet 2015 à Paris.

LabCitoyen est un programme international, piloté par l’Institut Français de Paris, qui permet de rassembler des jeunes francophones de l’étranger, pendant une dizaine de jours en France, afin de participer à des conférences, des débats, des visites et des ateliers sur des questions de citoyenneté.

Paris réimaginé par Sir Albertti G. Flores, lauréat du concours LabCitoyen 2015

La chose que j’aime le plus concernant Paris, c’est son dynamisme. C’est une ville qui fait preuve d’un changement continuel ; elle n’est pas statique, jamais ennuyante. Et, chaque fois que je visite la capitale de la France, je sais que de nouvelles relations seront établies, de nouvelles histoires seront racontées et de nouvelles idées seront propagées. Il existe un tas de choses à découvrir et à redécouvrir à Paris, elle ne cesse de m’étonner, de m’inspirer. Cette fois-ci, Paris n’était plus la ville des lumières, mais La ville des Lumières – un Paris réimaginé.

Paris, comme d’autres villes du monde, n’est pas censé être considéré uniquement comme un site touristique, car chaque ville est construite non seulement sur ses terres, mais également et surtout sur les idéologies qui circulent au sein de ses concitoyens. Le programme LabCitoyen m’a permis d’explorer les réponses aux « quoi » ainsi que celles aux « pourquoi » de la culture française à travers une série d’échanges profonds parmi les spécialistes et les 81 délégués provenant de 52 pays distincts. LabCitoyen m’a permis de réimaginer Paris à travers son côté juridique et environnemental. J’en ai aperçu une ville qui évoque des changements, qui participe, qui agit.

#LabCitoyen

Pour sa troisième édition en 2015, le programme LabCitoyen met l’accent sur le thème : Les droits de l’homme face aux défis de l’environnement, en prélude de la COP21 du 30 novembre au 11 décembre à Paris. Chaque année depuis 2012, le ministère des Affaires Etrangères et du Développement International, l’Institut Français et la Maison des Cultures du Monde rassemblent des jeunes francophones de tous les pays du monde dans le but de participer à une série de conférences, de débats et d’ateliers sur les enjeux des Droits de l’Homme. C’est une opportunité efficace d’approfondir des connaissances sur les défis variés que les citoyens du monde subissent ainsi que sur les mesures qu’ils effectuent pour lutter contre ces obstacles environnementaux.

Une autre facette du programme est la promotion du français en tant qu’outil de débat et d’action. Toutes les conférences et tous les ateliers sont dirigés dans la langue française ; les ateliers deviennent des espaces libres pour pratiquer et renforcer les compétences linguistiques.

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Problèmes omniprésents, solutions omniprésentes

Après avoir appris la nouvelle que je serai le porte-parole des Philippines pour ce programme, j’ai compris que cette visite à Paris ne serait pas la même que les précédentes. J’ai eu la responsabilité de représenter et d’évoquer la voix des philippins concernant les questions sur le changement climatique et ses conséquences néfastes sur le cadre juridique de notre pays. Malgré le fait que mes savoirs sur les questions étaient limités, je suis arrivé à participer activement aux débats et ateliers car je me suis rendu compte qu’on ne doit pas être un spécialiste pour transmettre un message pertinent. Egalement, c’est un enjeu que les philippins vivent couramment - cela fait partie de la vie quotidienne philippine.

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Le changement climatique est une question omniprésente aux Philippines. Dans la vidéo que j’ai réalisée pour avoir cette chance de faire entendre la voix des philippins sur cet enjeu, j’ai fait un retour en arrière en montrant les conditions inhumaines à Payatas, un quartier de Quezon City qui a été gravement touché par des pluies diluviennes en 2000. Ces pluies torrentielles ont produit un effondrement du sommet d’une montagne d’ordure. Par conséquent, cela a enterré de nombreuses maisons et a fait plus de 200 morts. J’ai aussi mis en valeur que cette menace reste présente aujourd’hui. Pendant la période sèche, il fait une chaleur insupportable, ce qui peut enclencher un incendie dans les réserves thermales. La saison des pluies provoque quant à elle des séries de pluies diluviennes. Néanmoins, les régions les plus vulnérables face au changement climatique sont les provinces. Les îles périphériques philippines ont été gravement ravagées par des orages et des tempêtes. En effet, le dérèglement climatique ne fait aucun choix concernant ceux qui vont être touchés. Tous les philippins sont en danger.

Mais, nous ne sommes pas les seuls dans cette situation. C’est aussi le cas avec d’autres pays en voie de développement. Les problèmes environnementaux continuent de menacer la population – les gens sont forcés d’affronter un dilemme inévitable – partir ou rester ? A partir de ce casse-tête, plusieurs droits fondamentaux sont bafoués, violentés. Ces personnes déplacées ne sont pas bien protégées par les lois. Ils n’ont aucun statut juridique. C’est la raison pour laquelle le programme a pour but de faire évoluer les droits de l’homme afin d’accueillir toute personne menacée.

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À travers les conférences et les ateliers, nous prenons en mesure de l’ampleur du fardeau du réchauffement climatique. Il existe un grand nombre de sociétés civiles et d’organisations non-gouvernementales qui éveillent la vigilance du public et proposent des projets qui répondent aux défis environnementaux. Ces projets, soit à petite ou à grande échelle, laissent un impact durable sur l’amélioration des conditions de vie des personnes. Ces petites contributions, comme faire le tri, rouler en bicyclette pour réduire l’empreinte carbone ou assainir l’eau, peuvent ainsi constituer un changement considérable.

Le séjour de dix jours

J’avais raison : ce séjour n’a pas été semblable aux visites que j’avais effectuées auparavant. Après avoir regardé de près l’itinéraire du séjour, je découvrais un autre Paris. Avant de participer aux conférences, tous les délégués étaient mis tenus informés des hébergements dans la Cité Universitaire. Pour les ateliers, 8 groupes ont été formés ; chaque groupe abordait une thématique différente. J’ai eu la chance de rester à la Fondation Lucien Paye, un bijou de l’architecture, avec mon groupe. Conjointement avec le personnel, des animateurs et organisateurs chaleureux, nous étions également accueillis par la canicule – je n’avais jamais imaginé d’être bronzé par le soleil parisien.

Le programme en soi a commencé par un aperçu rapide des activités pendant le séjour. Les conférences étaient divisées en 4 thématiques : Changements climatiques et droits de l’Homme : cadre juridique international et engagements nationaux ; Les ressources en péril : Accès à l’eau, déforestation, sécurité alimentaire, situation générale - Le cas des peuples autochtones ; Catastrophes naturelles, territoires en disparition, migrations climatiques ; Les solutions citoyennes face au dérèglement climatique et pour la transition énergétique : éducation, démocratie participative, initiatives citoyennes.

Avant les interventions des spécialistes, quelques délégués ont eu la chance de partager leurs engagements dans leurs propres pays. A la fin de la séance, nous participions aux débats et aux échanges entre les spécialistes et les participants.

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Après chaque intervention, nous étions dirigés vers des ateliers. Nous avions pour tâche de tourner une courte vidéo d’une minute et demie qui portait sur une thématique. Tout travail a été surveillé par une journaliste célèbre, Sandra Freeman. Elle nous a conseillé et aider à améliorer les vidéos pour faciliter la cohérence des idées. Moi, je faisais partie du groupe 8, nous nous sommes penchés sur la migration climatique, les conséquences sur les populations. Nous avons utilisé mon témoignage sur Payatas ainsi que quelques vidéos tourné sur le site. À travers cette courte présentation, nous avons exploré les dilemmes affrontés par les populations déplacées et mis en valeur la gravité de la décision qui s’impose aux populations touchées par les changements climatiques : partir ou rester ?

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Une journée a également été consacrée à une excursion à la Réserve de biosphère de Fontainebleau-Gâtinais, située près du centre-ville parisien. Dans le massif de Fontainebleau, ce parc présente une grande diversité de flores et de faunes ainsi qu’une richesse débordante de beaux paysages. En fait, c’est le deuxième site le plus visité après le musée du Louvre. Notre programme là-bas était coordonné par les responsables de la réserve de l’Association Attitude Nature. Avant de faire une promenade à l’intérieur de la forêt, nous avons reçu un récapitulatif du réseau international des réserves de biosphère du programme Man and Biosphere de l’Unesco, de la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais, et les enjeux affrontés par sa conservation. Après le buffet somptueux, nous avons continué la balade en forêt guidée par un adhérent de l’Association Attitude Nature. Nous sommes montés, et descendus des collines ; nous avons également traversé des rivières et des marécages. Tout en marchant à travers la forêt, les guides ont fourni une explication détaillée de l’histoire et des menaces surmontées par la biosphère. Cela a été un jour épuisant, car je n’étais pas prêt à grimper des collines et à croiser des rochers. Cependant, cette expérience restera toujours dans mes souvenirs.

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Le programme LabCitoyen est évidemment un séjour d’apprentissages continus. Nous avons passé une demi-journée au Palais de la Découverte où nous sommes redevenus des enfants. Ce musée interactif contient une gamme inimaginable d’expositions introduisant des faits naturels de notre planète. A l’intérieur d’un bâtiment dont l’architecture date du 20ème siècle, on peut trouver une multitude de salles consacrées aux différentes branches de la science. Celle que j’ai préféré c’est la Salle de Pi où les 707 chiffres de pi sont inscrits autour de la salle. Les expositions nous ont fait redevenir des petits gosses découvrant la planète salle après salle.

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Nous avons aussi organisé une soirée culturelle dans laquelle nous avons préparé des plats traditionnels des pays de chacun. Je ne sais pas cuisiner et le seul plat que je peux préparer c’est des pâtes avec de la sauce carbonara. Ce n’est pas une nourriture philippine –la honte ! Néanmoins, j’étais fier de les faire goûter aux participants parce que c’est b-o-n ! Je ne suis pas arrivé à en manger car il n’y en avait plus.

Dans notre itinéraire, il y avait du temps libre. C’est la partie touristique du programme. Bien sûr, comme nous étions à Paris, il faut visiter la Tour Eiffel encore et encore. J’y ai été trois fois pendant le séjour. Le musée du Louvre, la Basilique du Sacré-Cœur, le Moulin Rouge, la cathédrale Notre Dame de Paris, l’Arc de Triomphe et les Champs-Elysées doivent être sur la liste – je les ai effectivement cochés. Monter aux escaliers infinis de Montmartre, flâner dans le quartier latin, et faire du shopping à Rue Rivoli, ce sont des souvenirs ancrés dans ma mémoire pour toujours. Mais pour moi, la chose qui caractérise bien Paris est le métro. Cela fait partie de la vie quotidienne parisienne. J’aime bien prendre le métro, surtout en direction de Charles de Gaulle – Etoile où j’avais une vue grandiose sur la Tour Eiffel.

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Au revoir A bientôt, Paris !

Je n’avais pas imaginé que je me lierais autant d’amitié avec les délégués et les animateurs, c’est la raison pour laquelle c’était difficile de dire adieux. Le dernier jour du programme a commencé par la présentation des vidéos que nous avons tournées pendant les ateliers. Je n’arrive pas à trouver les mots pour décrire les émotions à ce moment-là car c’est un peu un mélange de tout.

Après la dernière séance, nous sommes allés sur une péniche sur la Seine où nous avons passé la nuit à danser et à célébrer. C’était une fête réussie, avec de l’amitié et du dévouement. Je n’avais pas prévu que je me ferais des amis proches et même une meilleure amie du Mexique. Après la fête, nous nous sommes précipités à la Tour Eiffel pour voir les feux d’artifices qui ont marqué la fin de la fête nationale française ainsi que notre séjour auprès du LabCitoyen.

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Les changements durables et considérables sont les produits d’une accumulation des mouvements subtils et inaperçus. Et, à travers une réimagination curieuse, ces mouvements peuvent être soigneusement adressés. Ce séjour à Paris m’a permis non seulement de réimaginer Paris à travers une étude plus profonde de sa culture et de ses engagements, mais également de me redécouvrir sur les actes potentiels que je suis capable d’enclencher. Les solutions aux problèmes entraînés par le changement climatique sont déjà là, elles sont omniprésentes – elles naissent en nous. Il ne nous reste qu’à réimaginer !

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Dernière modification : 05/08/2015

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