Point de presse conjoint de François Hollande et de Benigno Aquino III - Propos de François Hollande

Monsieur le Président,

C’est un immense plaisir de vous recevoir ici à Paris, parce que vous incarnez la démocratie aux Philippines et le long combat de votre famille pour y parvenir. Je rappelle qu’il y a 25 ans Corazon Aquino, votre mère, était reçue ici par François Mitterrand. Ce fut l’occasion de rappeler le combat qui avait été celui de toute votre famille, de votre père, de votre mère pour que les Philippines puissent enfin connaître la liberté et la démocratie.

Aujourd’hui, c’est-à-dire plus de 25 ans après cette visite, plus de 30 ans après votre révolution, nous sommes réunis, et nos deux pays n’ont cessé de se rapprocher et d’intensifier leurs échanges. Aujourd’hui nous avons établi une coopération politique d’un niveau exceptionnel, puisque nos deux ministres des affaires étrangères se réuniront régulièrement pour évoquer les situations qui peuvent à un moment nous préoccuper, que ce soit en Asie ou que ce soit en Europe ou dans le reste du monde.

Nous avons également des relations économiques qui se sont considérablement amplifiées puisque la France a plus de 100 entreprises présentes aux Philippines, qui emploient plus de 40.000 personnes. Et votre visite vient consacrer un certain nombre d’échanges, de contrats, qui ont pu être passés, ou qui vont l’être. Dans des domaines comme l’aéronautique, vous avez fait confiance à Airbus, les transports et notamment les transports urbains, l’énergie et aussi tout ce qui a trait à l’environnement.

L’environnement, voilà une grande question, l’écologie, que nous partageons, et je sais ce qu’a pu représenter pour vous le dérèglement climatique. Ce n’est pas un constat statistique, ce n’est pas une vision scientifique. Le dérèglement climatique c’est un drame, une catastrophe, celle que vous avez vécue avec le typhon Haiyan, et nous avons exprimé la solidarité de la France aux Philippines. En même temps, nous avons convenu que pour la préparation de la conférence sur le climat, les Philippines et la France devaient travailler ensemble. Nous en aurons l’occasion lors d’une visite que je pourrais faire dans votre pays, l’année prochaine, pour pouvoir préparer et illustrer ce que doit être cette conférence sur le climat.

Je veux terminer sur les relations culturelles qui existent entre nos deux pays, sur les relations universitaires. Il y a eu un certain nombre d’accords qui ont été signés tout à l’heure entre les écoles de formation pour les fonctionnaires, mais c’est vrai également pour un certain nombre de domaines scientifiques et d’échanges culturels. Car nous voulons qu’il y ait des expositions dans nos deux pays qui puissent faire davantage connaître nos créateurs. Un partenariat a été, là encore voulu par vous, et un programme de travail a été décidé.

Il y a 50.000 Philippins qui vivent en France, et donc nous devons aussi leur faire leur meilleur accueil, ils peuvent être des agents du développement économique entre nos deux pays, des acteurs de la francophonie - car je souhaite qu’aux Philippines il soit possible aussi d’apprendre le français et d’en développer l’usage. Parce que l’histoire a fait que nous sommes, Philippines et France, attachées aux mêmes valeurs. Aux valeurs de liberté, d’émancipation, de dignité, et c’est ce qui a fait qu’il y a 25 ans votre mère ait pu être ici comme un symbole de la démocratie en Asie, et aujourd’hui vous êtes plus que son fils, vous êtes son continuateur.

Merci.

Dernière modification : 09/08/2017

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